Les lézards synanthropes sont considérés comme des réservoirs de virus, de bactéries et de parasites, mais leur rôle dans la propagation de levures pathogènes zoonotiques dans l’environnement n’a jamais été étudié.
Les reptiles sont devenus des animaux exotiques populaires et dans certaines parties du monde, ils sont utilisés comme source importante de nourriture, de médicaments et de matériaux. Les lézards synanthropes sont reconnus comme des réservoirs de virus, de bactéries et de parasites, mais leur rôle dans la dissémination des levures pathogènes zoonotiques dans l’environnement n’a jamais été étudié
Par conséquent, une étude a porté sur des échantillons fécaux (n = 177) recueillis chez Podarcis Siculus (lézard des ruines ou sicilien), Chalcides ocellatus (scinque ocellé) et Tarentola mauritanica (Tarente de Maurétanie). Des levures ont été isolées, puis identifiées sur le plan biochimique et moléculaire par séquençage de l’espaceur interne transcrit (internal transcribed spacer, ITS) de l’ADN ribosomique (ADNr). Le rapport phylogénétique des espèces de levures isolées et leurs profils de sensibilité à dix agents antifongiques ont également été évalués.
Les levures les plus fréquentes :
Soixante échantillons (n = 60/177 ; 33,9 %) ont obtenu un résultat positif pour les levures, avec la plus forte occurrence chez C. ocellatus (n = 11/17 ; 64,7 %) et la plus grande variété d’espèces chez P. siculus (n = 11/12 ; 91,6 %). Au total, 364 isolats appartenant aux genres Candida, Trichosporon, Saccharomyces et Geotrichum ont été identifiés par analyse moléculaire. En particulier, Candida albicans (n = 160 ; 44 %), suivi de Trichosporon coremiiforme (n = 44 ; 12,1 %), Pichia kudriavzevii (n = 32 ; 8,8 %) et Trichosporon asahii (n = 28 ; 7,7 %) ont été les espèces les plus fréquemment isolées.
L’arbre phylogénétique regroupe tous les types de séquence représentatifs du clade, y compris les souches de Candida spp. provenant de différentes zones géographiques et d’espèces animales variables, y compris l’homme. Toutes les souches testées ont montré une sensibilité élevée aux antifongiques testés.
Cette étude suggère que les lézards jouent un rôle de réservoirs et de propagateurs de levures pathogènes zoonotiques dans l’environnement. L’absence de phénomènes de résistance dans les levures isolées pourrait refléter un environnement exempt de contamination par les antifongiques azolés ou des produits chimiques, ce qui suggère l’utilité de ces animaux comme bio-indicateurs de la qualité de l’environnement.
Traduit de l'espagnol, RHIMI Wafa, et al., "Role of lizards as reservoirs of pathogenic yeasts of zoonotic concern", Acta Trop., Juillet 2022.
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